La TRS dans l’UNEF

L’UNEF est le seul syndicat étudiant à avoir mis en place un « droit de tendance ». Kesaco ? Dans une organisation qui veut réunir tous les étudiants en son sein, il est impossible de centraliser toutes les décisions et de définir une seule orientation sur les actions à mener. C’est pourquoi il existe plusieurs courants d’idées au sein de l’UNEF, les fameuses tendances.

1. Intérêt du droit de tendance

Le droit de tendance, pierre angulaire de l’UNEF depuis la fin de la période apolitique et la prise de position idéologique de la guerre d’Algérie, est d’une importance capitale. En effet, il permet à tous de participer aux débats, et de renforcer la crédibilité des projets de l’UNEF en y apportant un œil critique. Car les tendances minoritaires, loin d’être écartées ou de ne pas participer aux débats, n’hésitent pas à proposer des motions à chaque collectif national, à proposer de nouveaux projets à la majorité nationale, l’amenant parfois à suivre telle ou telle tendance minoritaire. Mais à la fin des débats, l’expression publique du syndicat doit rester unie et conforme à notre devise « ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous divise »

2. La Tendance Refondation Syndicale

Depuis 2003, la tendance refondation syndicale défend donc ses idées dans l’UNEF. Pour nous définir, il est important de comprendre le sens du mot « refonder » : il s’agit pour nous de proposer un syndicalisme de proposition, efficace et crédible. Nous défendons un syndicalisme de proposition, de mobilisation et de contestation. Si articuler ces trois éléments est un art difficile, personne n’a jamais dit qu’il était facile de défendre les étudiants. C’est en prolongeant la contestation par la proposition que l’on évite d’être à la remorque, confiné à la défensive. C’est par des propositions crédibles autant que par la mobilisation que l’on balise le terrain revendicatif, que l’on anticipe pour gagner. Le rapport de force n’est pas réductible à la mobilisation, au mouvement social. Il est la synthèse dynamique de deux éléments : l’un est volontariste et cherche explicitement à modifier l’ordre établi. L’autre est pragmatique et vise à la réussite même partielle sur des sujets concrets s’inscrivant dans une perspective plus lointaine.

Refonder, ce sera assumer enfin notre rôle de transformation sociale. Car assumer ce rôle, c’est comprendre que la fin des incantations uniquement contestataires n’est pas la fin du changement. Assumer ce rôle, c’est refuser les équations binaires (réforme LMD = fin des diplômes reconnus nationalement, réforme des retraites = fin des acquis, réforme de la centralisation = fin du service public) qui nous conduisent toujours à jeter le bébé avec l’eau du bain. Assumer ce rôle, c’est occuper l’espace qu’il y a entre le libéralisme des gouvernements successifs depuis 2002, et l’opposition systématique de certains camarades de l’UNEF. Assumer ce rôle, c’est accepter de prendre des risques, de n’avoir pas toujours gain de cause sur tout, accepter de créer des points d’appui, des leviers vecteurs de changement. Assumer ce rôle, c’est comprendre qu’un compromis n’est pas forcément une compromission. Assumer ce rôle, c’est construire un syndicalisme réaliste, qui sera d’autant plus légitime pour s’opposer à des réformes absurdes (mouvement contre le CPE). Dans cette pratique militante, on s’aperçoit vite que les étudiants sont parfaitement capables de comprendre et d’apprécier ce qu’est un compromis. Assumer ce rôle, pour finir, c’est inscrire durablement notre syndicat étudiant dans une dynamique de victoire.

Plutôt que de systématiquement chercher l’étincelle qui va mettre le feu aux poudres et générer une génération de militants, l’UNEF doit asseoir sa légitimité sur la crédibilité de ses équipes locales, sur la qualité de son projet, de son travail, son esprit d’ouverture en direction des associations. C’est ainsi qu’elle gagnera la capacité à faire progresser continûment le taux de syndicalisation du milieu étudiant.

Enfin, c’est par la consultation que l’on détermine ce qui est positif, ce qui est amendable, ce qui est inacceptable. Ce que nous voulons construire, c’est un syndicalisme de proposition, de mobilisation et de consultation. Nous devons avoir l’audace du réel plutôt que l’espoir de l’utopie.

Animant les AGE d’Angers, Poitiers, Limoges, Paris Dauphine, présents à Paris 3, Paris 13, Paris 2, Tours, Rennes, Strasbourg, Aix-Marseille …, nous avons su impulser une dynamique nouvelle dans l’UNEF pour défendre nos idées. N’hésitez pas à nous donner votre avis, critiques et remarques ! 🙂

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