Le danger de ces universités qui veulent se transformer en grandes écoles

décembre 6, 2009 at 3:22 Laisser un commentaire

Il y a quelques jours, l’université Paris Dauphine a organisé un grand raout interne pour fêter l’obtention de l’accréditation EQUIS, censée être le graal des grandes écoles françaises, leur permettant d’être reconnues à l’international. Et de se vanter, malgré l’irruption de plusieurs dizaines de membres du personnel en colère au vu de la dégradation de leurs conditions de travail, d’être la première université à obtenir ce label.

Nous considérons, à la TRS, qu’il y a là matière à nourrir la réflexion de nos Etats Généraux de l’Enseignement Supérieur. Car cette démarche choisie par Dauphine, nuls doutes que d’autres universités, comme Sciences Po ou Assas sur Paris, ou encore les pôles « d’excellence » choisis par Nicolas Sarkozy via le grand emprunt, risquent de vouloir la développer. Et de remettre ainsi définitivement aux oubliettes la notion de cadrage national des diplômes, notion en incompatibilité totale avec des labels décernés par des entreprises privés à chaque université.

Il est donc du devoir de l’UNEF d’interpeller le ministère de l’enseignement supérieur sur cette question des stratégies des universités qui cherchent à se rapprocher du modèle des grandes écoles. D’abord, parce que ces établissements, fortement financés par l’Etat (Dauphine et Sciences Po coûtent bien plus cher que la plupart des universités de Sciences et de Santé), accueillent en premier lieu les classes sociales les plus aisées : leur permettre de se détacher du reste des universités induirait une mise en concurrence qui serait socialement injuste.

Mais, surtout, parce que les différents classements de l’enseignement supérieur et de la recherche publiés dans le monde, du controversé Shanghai à celui plus mesuré du Times, démontre qu’en France ce sont les universités qui sont au final les plus performantes en terme de recherche et de formation. Que les grandes écoles, loin d’avoir un modèle d’avenir, se retrouvent aujourd’hui contraintes d’effectuer des partenariats avec les universités sur leurs territoires pour intégrer leurs pôles de recherche, sous peine de perdre toute visibilité. Car il n’est pas possible de baser le développement de notre modèle national d’enseignement supérieur et de recherche sur le fonctionnement d’écoles n’accueillant que quelques dizaines de milliers d’étudiants !

La TRS se saisira donc de l’occasion des Etats Généraux locaux de l’enseignement supérieur à Dauphine pour poser la question d’un développement de l’université en phase avec les besoins des étudiants et de la recherche, et non avec l’ego de tel mandarin ou tel président d’université. Sans oublier que c’est au gouvernement, in fine, de définir la règle du jeu, et de savoir être cohérent avec ses objectifs de « visibilité » et de « transparence » pour le fonctionnement des universités françaises.

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