Quelles perspectives pour l’UNEF pour la rentrée après un semestre de contestation ?

juillet 22, 2009 at 12:35 Laisser un commentaire

Depuis la victoire contre le CPE qui aura donné à notre syndicat une importante visibilité médiatique ainsi qu’une forte crédibilité en le plaçant comme interlocuteur privilégié de l’ensemble de la communauté universitaire et du gouvernement, on ne peut que constater que l’UNEF connait aujourd’hui le creux de la vague et a besoin de se réimplanter.

Preuve en est, notre organisation n’a pas su être en première ligne du mouvement social du second semestre dernier. En effet, entre difficultés à tenir un mot d’ordre national avec des revendications cohérentes – entre abrogation, réécriture de la loi dite LRU et négociation avec le gouvernement, on ne savait plus sur quel pied danser ! – et impossibilité d’être en tête de cortège au niveau local où les mots d’ordre de grève étaient la plupart du temps aussi diffus que différents les uns des autres et souvent initiés par des groupes assumant l’abrogation de la loi dite LRU comme une fin en soi sans proposer d’alternative – « d’abord on fait reculer le gouvernement, ensuite on commencera à réfléchir à ce que l’on veut » : qui n’a pas entendu au moins une fois prononcer ces mots ?-, l’UNEF aura eu du mal a trouver sa place. Pour mobiliser et mener les étudiants vers de futures victoires, il faut leur permettre de se fonder sur des faits concrets et ne pas se contenter de leur raconter des contes de fées ! Cela ne sera possible qu’à l’initiative de notre syndicat.

Il est donc nécessaire pour l’UNEF de reprendre en main le mouvement étudiant, pas uniquement pour assurer bonne santé et pérennité à notre organisation mais surtout parce que nous savons par expérience que nous sommes les seuls capables de conquérir de nouveaux droits pour les étudiants et de limiter la casse sociale initiée par le gouvernement.

La fin de la mobilisation ne se sera pourtant pas traduite par une défaite cuisante. En effet, même si le gouvernement est resté sourd à la plupart des revendications (rien sur la LRU et encore moins sur le réengagement de l’Etat pourtant promis), quelques concessions ont été obtenues. Sans oublier le manque de débouchés de ce mouvement de grève, l’UNEF doit s’en féliciter.

Par exemple, l’obtention d’un dixième mois de bourses destiné à compenser le décalage des dates d’examens aura été une avancée sociale significative pour les étudiants. Il ne faut cependant pas s’en contenter tant que la certitude que celui-ci sera généralisé ne sera pas obtenue. L’UNEF ne doit pas faire preuve de triomphalisme : le fait d’avoir transformé le droit légitime des étudiants de passer leurs partiels dans le calme en victoire syndicale tenait en effet plus de la stratégie de communication que de la stratégie syndicale. C’est donc cette stratégie qu’il faudra élaborer dans les semaines qui viennent puisque sans projet ni ligne syndicale, l’UNEF ne pourra pas recouvrer la crédibilité qui lui a tant fait défaut depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy.

Notre action à la rentrée ne doit donc pas être seulement d’organiser les chaînes d’inscription – étape par ailleurs indispensable à la visibilité et au renouvellement des membres de l’UNEF puisque c’est à cette occasion que les étudiants découvrent pour la première fois la présence et les possibilités d’actions du syndicat – mais elle devra aussi donner lieu à de nouvelles perspectives aux étudiants pour l’année 2009/2010 en vue de proposer un projet alternatif crédible. Pousser le gouvernement à faire de réelles concessions plutôt que de nous abandonner quelques rogatons de progrès social, voilà quel doit-être notre principal objectif. Sans avoir la prétention de définir dès maintenant un Enseignement Supérieur dit « idéal », il nous faut mener un important travail de réflexion pour préparer l’après LRU. Un certain nombre de questions devront alors être tranchées. Par exemple celle de l’avenir de la carte universitaire et donc du rôle des universités sur le territoire, avec pour toile de fond des revendications locales et nationales pour les élections régionales. Mais, également, la place des universités dans le fameux « emprunt Sarkozy », qui, s’il doit être dénoncé, ne nous empêche pas pour autant de s’en saisir pour mettre en avant NOS projets pour l’enseignement supérieur. Projets qui ont déjà pris formes par le passé, à travers la mise en place des CROUS, ou la construction de la mutuelle des étudiants, dont le modèle, inspiré par l’unef, demeure unique en Europe.

La violence de la crise économique et la dureté des attaques du gouvernement ne doivent en aucun cas faire barrage à l’UNEF dans sa mission principale d’organisation au service des étudiants : un réformisme offensif qui permettra l’accès de tous à un statut social et aux meilleures conditions d’études.

Alexandre C.

Publicités

Entry filed under: Uncategorized.

Pour un projet d’ampleur pour les jeunes et les étudiants ! Quelle démocratisation pour les étudiants en 2009 ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Trackback this post  |  Subscribe to the comments via RSS Feed


Calendrier

juillet 2009
L M M J V S D
« Juin   Nov »
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031  

Nuage de mots-clés

juillet 2009
L M M J V S D
« Juin   Nov »
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031  

%d blogueurs aiment cette page :